Annale corrigée

Sujet CRPE 2025 Français G3 : énoncé et corrigé

Session 2025FrançaisÉpreuves bac+53 heures

Épreuve écrite disciplinaire de français — sujet officiel CRPE 2025 Français G3 en accès libre : énoncé complet (8 exercices, 3 heures) et corrigé détaillé.

Sujet blanc — conditions du concours · Concoursia

Concours de recrutement de professeurs des écoles

Session 2025 · Groupement 3

Épreuve écrite disciplinaire de français

Durée : 3 heures

Consignes

  • Le sujet se compose de 3 parties. Vérifiez qu'il est complet.
  • Aucun document n'est autorisé.
  • Rédigez vos réponses sur votre copie, et non sur le sujet.
  • Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, signalez-le sur votre copie et poursuivez votre composition.
  • Toute note inférieure ou égale à 5/20 est éliminatoire.

L'épreuve est notée sur 20 points, note ramenée sur 20.

Consignes générales

L'épreuve prend appui sur un texte d'environ 400 à 600 mots. Elle comporte trois parties : une partie consacrée à l'étude de la langue ; une partie consacrée au lexique et à la compréhension lexicale ; une partie consacrée à une réflexion suscitée par le texte.

Texte / dossier

Dans ce roman, Agathe, une jeune Française vient au Japon pour tenter d'éclaircir le mystère de son histoire familiale. Dans les années 1930 à 1940, son grand-père maternel a vécu à Kyoto où il aurait participé à la réalisation d'un jardin japonais. J'avais annoncé mon arrivée, mais il me semblait improbable que quelqu'un ait reçu ma lettre, mieux, l'ait lue et comprise. J'étais partie sans attendre de réponse, de toute façon cela ne changeait rien à mon projet. Ce que je venais chercher, je ne le savais pas précisément, mais tout ce que j'allais trouver serait une réponse dont je m'accommoderais, quelle qu'elle soit. Il y avait là une part de moi-même qui attendait d'être découverte, aussi mystérieuse et lointaine qu'un vaisseau englouti, et au moment de m'enfoncer dans les eaux vertes et troubles je reculais, quelque chose en moi résistait, se contractait. Je crois que j'avais un peu peur. Dans l'histoire familiale il y avait ce passé plein d'ombre, cet endroit où personne ne s'aventurait jamais, inquiétant, attirant pour les mêmes raisons qui le rendaient tabou, inabordable et verrouillé. Ma mère prétendait ne rien se rappeler, et puis le secret, affirmait-elle, avait été instauré et farouchement gardé par mon grand-père, qui ne supportait pas que l'on fît allusion à cette période de sa vie. Il m'avait toujours paru incompréhensible qu'elle n'ait jamais tenté d'en apprendre un peu plus sur sa naissance et les premiers mois de sa vie passés au Japon, mais quelque chose, que je ne saisissais pas, empêchait ma mère de regarder de ce côté-là, plus qu'une gêne cela ressemblait à un accord tacite qu'elle aurait en quelque sorte conclu avec son père, et qui les liait tous deux dans le silence et l'oubli apparent. Je ne voyais pas trop comment m'y prendre. J'avais imaginé, en quittant Paris, qu'il me suffirait, une fois sur place, de me laisser guider, de flairer, à l'instinct, les pistes qui s'ouvriraient devant moi, j'en appelais à la fibre naturelle qui à travers les générations relie les êtres à leur terre d'origine, j'allais, comme par enchantement, frapper d'emblée à la bonne porte et tomber pile sur le sésame qui délierait les langues et viendrait dévoiler la vérité. En réalité, je n'avais pas d'autre choix que de croire à la magie du lieu qui se livrerait à moi docilement, car je ne disposais d'aucun indice, je ne savais presque rien, j'avais deux ou trois noms dont j'ignorais même s'ils désignaient des adresses ou des personnes, et c'était là tout mon bagage. Une carte au trésor dont il aurait manqué le centre... Dès le premier jour, je me suis sentie terriblement étrangère. Rien ne me parlait, rien ne m'était familier, tout au plus quelques images reconnaissables, signes universels à la fois surchargés et délivrés de sens. Par la fenêtre je regardais le Japon, en bas la rivière aux eaux vert foncé, autour les collines boisées, plus loin en aval la berge semée de restaurants, d'échoppes, et des gens qui marchaient, qui traversaient le pont, d'autres qui passaient en barque, des ouvriers aussi qui travaillaient sur le chemin de halage, sur la rive opposée, tout cela dans le calme et l'indifférence tranquille, à la manière de ceux dont les jours sont empreints de banalité, d'évidence. Je pensais « c'est normal ». Et rien ne me paraissait normal... Isabelle Jarry, Le jardin Yamata, Stock, 1999

Partie I

Étude de la langue

7 points

(1,5 point)

1. Dans le passage suivant, identifiez les temps et les modes des verbes conjugués à un mode personnel.
« ...tout ce que j'allais trouver serait une réponse dont je m'accommoderais quelle qu'elle soit. »

(1,5 point)

2. Dans le passage suivant, justifiez l'accord des participes passés en gras.
« il me semblait improbable que quelqu'un ait reçu ma lettre, mieux, l'ait lue et comprise. J'étais partie sans attendre de réponse, de toute façon cela ne changeait rien à mon projet. »

(1,5 point)

3. Dans l'extrait ci-dessous :
« Je pensais "c'est normal". Et rien ne me paraissait normal... »

a. Donnez la nature du mot « Et ».
b. Quel est ici le sens du mot « Et » ?
c. Transformez les deux phrases en une seule en remplaçant « Et » par une conjonction de subordination exprimant la même relation logique (le mode du verbe « paraissait » peut être changé).

(1,5 point)

4. Dans le passage ci-dessous, indiquez la nature et la fonction des quatre mots ou groupes de mots en gras.
« En réalité, je n'avais pas d'autre choix que de croire à la magie du lieu qui se livrerait à moi docilement, car je ne disposais d'aucun indice, je ne savais presque rien, j'avais deux ou trois noms dont j'ignorais même s'ils désignaient des adresses ou des personnes, et **c'**était là tout mon bagage. »

(1 point)

5. a. Transformez le passage ci-dessous à la voix active :
« ...le secret [...] avait été instauré et farouchement gardé par mon grand-père... »

b. Décrivez les transformations grammaticales opérées en nommant les éléments concernés.

Partie II

Lexique et compréhension

3 points

(1,5 point)

1. a. Expliquez la formation du mot « improbable ». Donnez son sens.
b. Comparez l'orthographe d'« improbable » et d'« inabordable ».
c. Donnez deux mots de la même famille que le mot « improbable ».

(1,5 point)

2. Quel sens la narratrice donne-t-elle à l'expression « m'enfoncer dans les eaux vertes et troubles » ?
(Extrait : « Il y avait là une part de moi-même qui attendait d'être découverte, aussi mystérieuse et lointaine qu'un vaisseau englouti, et au moment de m'enfoncer dans les eaux vertes et troubles je reculais... »)

Partie III

Réflexion et développement

10 points

En vous appuyant sur le texte d'Isabelle Jarry, sur vos lectures et votre culture, vous vous demanderez dans quelle mesure le voyage permet d'accéder à une meilleure connaissance de soi.

Vous présenterez votre propos de façon structurée et argumentée.

Corrigé

Corrigé

I. Étude de la langue (7 points)

1,5 point

• allais : imparfait de l'indicatif (le verbe aller sert ici de semi-auxiliaire pour former le futur proche dans le passé).
• serait : conditionnel présent — un temps du mode indicatif (terminologie 2020) —, à valeur de futur dans le passé.
• accommoderais : conditionnel présent (mode indicatif).
• soit : présent du subjonctif.

Démarche et points de vigilance

Commencez par délimiter le corpus : seuls les verbes conjugués à un mode personnel sont attendus — écartez infinitifs et participes. Repérez-les tous (quatre ici), car le barème compte environ 0,25 point par verbe : chaque oubli coûte directement.

Pour chacun, donnez systématiquement le couple temps + mode (« conditionnel présent de l'indicatif », et non « conditionnel » seul : la terminologie 2020 rattache le conditionnel aux temps de l'indicatif).

Pièges fréquents :

  • « serait » : la terminaison en -rait signale le conditionnel, à ne pas confondre avec le futur (-ra) ; sa valeur ici est celle d'un futur dans le passé ;
  • « soit » : dans la locution concessive « quelle qu'elle soit », le subjonctif est obligatoire ;
  • « allais » : imparfait de l'indicatif, même s'il fonctionne comme semi-auxiliaire d'un futur proche dans le passé.

C'est le cœur de la morphologie verbale et des valeurs des temps et des modes.

Suite du corrigé

Les corrigés des 7 exercices suivants sont gratuits aussi

Créez un compte gratuit en une minute (lien magique par email, sans mot de passe) et revenez directement sur cette page : la suite du corrigé s'affiche au même endroit.

Voir la suite du corrigé gratuitementVérification de votre session…

Prêt·e pour l'écrit et l'oral ?

Créez votre compte et lancez votre préparation, à l'écrit comme à l'oral. À l'inscription, un oral blanc complet et une correction de copie sont offerts, sans carte bancaire — vous testez la méthode, puis vous choisissez.