Rapports de jury CRPE entretien EPS et CSE : la synthèse
Entretien (EPS et CSE) au CRPE : ce que le jury attend, les erreurs qui coûtent des points et des verbatims de correcteurs sourcés. Synthèse des rapports de jury officiels 2023, 2024, 2025 par Concoursia.
Synthèse éditoriale rédigée par Concoursia à partir des rapports de jury officiels listés plus bas. Ce document n'est pas un rapport de jury officiel et n'engage pas les académies citées.
Ce que le jury attend
L'épreuve d'entretien dure une heure et cinq minutes et se joue en deux parties indépendantes, chacune pouvant être éliminatoire : trente minutes consacrées à l'EPS, puis trente-cinq minutes consacrées à votre motivation et à votre connaissance du système éducatif. D'une académie à l'autre, les jurys décrivent la même cible : un futur professeur des écoles réflexif, à l'écoute, capable de dialoguer et de justifier ses choix. Ils ne cherchent pas une réponse unique : ils veulent vous voir cheminer, formuler des hypothèses et argumenter.
Première partie : l'EPS
Le sujet fixe un contexte d'enseignement (cycle et niveau de classe), un objectif d'acquisition ou un attendu de fin de cycle, et le constat d'un obstacle rencontré par les élèves. On attend de vous que vous :
- identifiiez le champ d'apprentissage et choisissiez une activité physique support cohérente avec le contexte ;
- problématisiez le constat : quelles hypothèses expliquent la difficulté des élèves ?
- proposiez une ou plusieurs situations d'apprentissage précises et détaillées au sein d'une séance, resituée dans une séquence d'une dizaine de séances, voire dans une programmation annuelle ;
- justifiiez chaque choix pédagogique et didactique par vos connaissances du développement et de la psychologie de l'enfant ;
- couvriez les trois dimensions de l'EPS (motrice, méthodologique, sociale), la différenciation, les liens avec les autres disciplines — le langage en particulier — et l'éducation à la santé ;
- intégriez systématiquement la sécurité physique et affective des élèves.
L'exposé peut durer jusqu'à quinze minutes : les meilleurs candidats les utilisent pleinement. L'entretien qui suit est un dialogue, pas un interrogatoire : le jury revient sur vos propositions pour vous faire préciser, ajuster, enrichir. Les propositions nourries d'observations de terrain (stages, vidéos de séances) sont systématiquement valorisées.
Seconde partie : motivation et système éducatif
Vous ouvrez par une présentation de votre parcours de cinq minutes maximum. Le jury attend une analyse, pas un récit : des liens explicites entre vos expériences et le référentiel de compétences du professeur des écoles, une projection réaliste dans le métier et un positionnement clair sur le choix du service public, avec la posture de fonctionnaire qui l'accompagne (loyauté, neutralité, exemplarité).
Suivent deux situations professionnelles, l'une d'enseignement, l'autre de vie scolaire, découvertes sans préparation. Elles servent de déclencheurs : identifiez les valeurs et principes de la République en jeu — au-delà du seul triptyque —, analysez la situation à toutes les échelles (classe, école, partenaires, institution), puis proposez des pistes concrètes qui mobilisent l'équipe, la direction et la coéducation. Le code de l'éducation, le référentiel métier, la charte de la laïcité et son vademecum sont les appuis attendus.
Les erreurs qui coûtent des points
Les rapports convergent sur un noyau d'erreurs récurrentes, souvent rédhibitoires parce qu'elles touchent aux attendus centraux de chaque partie.
En EPS
- Un exposé expédié en cinq minutes : le jury y voit moins un manque de préparation qu'un manque de contenus, et l'entretien le confirme presque toujours.
- Un exposé récité, formaté, plaqué sur n'importe quel sujet : le décalage saute aux yeux dès les premières questions de l'entretien.
- Des généralités sur les bienfaits de l'activité physique au lieu d'un traitement réel de l'activité dans la logique du champ d'apprentissage ; une succession de jeux sans objectif d'apprentissage ciblé, comme si la tâche produisait à elle seule les transformations visées.
- La méconnaissance du développement de l'enfant, en particulier au cycle 1 : des situations inadaptées à l'âge, une représentation fausse des distances et des durées, une lecture superficielle du domaine « agir, s'exprimer, comprendre à travers l'activité physique ».
- La sécurité des élèves éludée ou traitée en une phrase : c'est un attendu explicite de l'arrêté, le jury ne peut pas passer dessus.
- Les confusions EPS / sport / activité physique / sport scolaire, un vocabulaire disciplinaire pauvre, et l'ignorance des priorités nationales (Savoir Nager, Savoir Rouler à Vélo, trente minutes d'activité physique quotidienne, aisance aquatique).
- Une séance hors sol : ni séquence, ni programmation, ni évaluation, avec des durées de pratique irréalistes.
- À l'entretien : chercher la réponse que le jury attendrait, camper sur sa première proposition ou répondre au hasard plutôt que d'assumer un doute.
En motivation et connaissance du système éducatif
- Le récit chronologique du CV, appris par cœur — le stress fait alors perdre le fil — et redondant avec la fiche dont le jury dispose déjà.
- Des motivations purement affectives : aimer les enfants, réaliser un rêve d'enfance, reproduire son propre vécu d'élève. Les jurys les signalent tous comme insuffisantes.
- Des compétences énumérées sans jamais expliciter leur transfert vers le référentiel du professeur des écoles.
- Sur les situations professionnelles : citer une valeur sans montrer en quoi la situation la met en jeu, s'en tenir à liberté-égalité-fraternité, ignorer la charte de la laïcité et son usage.
- S'enfermer dans une réponse unique, ou tout déléguer au directeur et à l'équipe sans se positionner soi-même ; proposer des pistes discriminantes est éliminatoire dans les faits.
- La méconnaissance des textes, des instances et des dispositifs, jusqu'aux sigles usuels que beaucoup ne savent pas déplier (ATSEM, AESH, PAP, PAI, ULIS).
- Une liberté pédagogique invoquée comme un droit absolu, sans les cadres institutionnels qui la bornent ; des relâchements de langage incompatibles avec le métier visé.
Ce que disent les correcteurs
Sur l'exposé d'EPS, les jurys répètent qu'un exposé court ou récité se paie cash.
« Le jury constate parfois un écart entre le niveau d’expression du candidat pendant son exposé et celui de l’entretien. La stratégie d’un exposé, trop préparé, voire formaté, dessert fortement le candidat. » — [2023, Lyon]
« De très bons exposés ont été relevés lors de prestations plus courtes ; cependant un exposé de 5 minutes ne peut pas couvrir le sujet. » — [2023, Toulouse]
Sur le fond disciplinaire, la première partie départage nettement les candidats.
« Cette épreuve est discriminante. Elle met en avant les connaissances didactiques et pédagogiques des candidats qui restent globalement très hétérogènes. » — [2025, Normandie]
« Les causes des difficultés des élèves sont rarement analysées, le jury constate une méconnaissance des APSA de référence et des enjeux de l’EPS. » — [2024, Lille]
Sur la posture dans l'échange, le jury veut un dialogue honnête, pas un candidat qui bluffe.
« Il est préférable d’assumer de ne pas savoir que de répondre n’importe quoi. » — [2023, Toulouse]
« Aucune question posée par le jury n’est malveillante. Il cherche à obtenir des précisions. » — [2024, Reims]
Sur la présentation du parcours, l'authenticité analysée l'emporte sur le récit récité.
« Il ne s’agit pas de s’inventer une motivation ni de réécrire son parcours antérieur mais de mobiliser les éléments pertinents de son CV, de questionner sa motivation et de préciser sa représentation du métier de professeur. » — [2024, Nantes]
« Il convient de faire preuve de créativité afin de sortir d’une présentation linéaire et parfois très courte. » — [2023, Grenoble]
Sur les motivations attendues, les jurys écartent explicitement certains registres.
« Dans certains cas, la motivation transparait difficilement lors de l’exposé et échange. Ainsi, devenir fonctionnaire ne peut être une motivation retenue ! » — [2025, Normandie]
« Le jury attire l’attention du candidat sur l’importance de dépasser son vécu scolaire comme unique motivation à exercer le métier de professeur des écoles » — [2025, Lyon]
Sur les situations professionnelles enfin, le lien entre la situation et les valeurs doit être explicité, pas seulement affirmé.
« Il ne devrait pas être envisageable de se présenter à l'oral avec pour seule représentation du système éducatif celle de son expérience d'élève. » — [2025, Paris]
« Très peu de candidats explicitent clairement le lien entre la situation et les valeurs et principes cités. » — [2024, Nantes]
S'y préparer dans l'app
Tout ce que les jurys pointent — cheminer face aux questions, réajuster une situation, expliciter le lien entre une valeur et une situation concrète — se travaille en conditions réelles. La simulation d'entretien de Concoursia reproduit l'épreuve complète : une partie EPS générée à partir de votre APSA et de votre académie, avec exposé chronométré puis entretien, suivie de la partie motivation et de situations professionnelles CSE ; le débrief analyse votre prestation axe par axe, dans l'esprit des grilles des jurys.
Pour consolider le fond, les fiches méthodo couvrent les notions à mobiliser. Le rétro-planning personnalisé place vos passages d'entraînement au bon moment d'ici l'épreuve, et la page de l'épreuve d'entretien rassemble le format officiel, les attendus et les conseils pour structurer votre préparation.
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Cette synthèse s'appuie sur les rapports de jury publiés par les académies suivantes. Les liens renvoient aux documents officiels.