Quelle licence choisir pour préparer le CRPE ?
Quelle licence choisir avant le CRPE ? Avec la réforme bac+3, aucune licence n'est obligatoire : ce qui compte, c'est de maîtriser français et maths. Panorama des profils et conseils.
« Quelle licence dois-je choisir pour devenir professeur des écoles ? » C'est l'une des premières questions que se posent les lycéen·ne·s et les étudiant·e·s qui se destinent au CRPE. Bonne nouvelle : depuis la réforme qui ouvre le concours dès le niveau licence, la réponse est plus ouverte qu'on ne le croit. Aucune licence n'est obligatoire — mais toutes ne vous laissent pas au même point de départ.
Cet article fait le tri entre ce qui est réglementaire (la condition de diplôme) et ce qui est stratégique (les compétences à construire), pour vous aider à choisir en connaissance de cause.
À vérifier pour votre session : les conditions exactes figurent sur devenirenseignant.gouv.fr.
La règle : n'importe quelle licence ouvre le concours
Commençons par lever le principal malentendu. La réforme du recrutement des professeurs des écoles rend le concours accessible dès le niveau licence (bac+3), quelle que soit la discipline de cette licence. Il n'existe pas de « licence CRPE » imposée, ni de mention obligatoire.
Autrement dit : une licence de lettres, de mathématiques, d'histoire, de biologie, de STAPS, de droit, de psychologie ou de langues ouvre — sur le plan du diplôme — la même porte. Le concours ne recrute pas un profil disciplinaire précis : il recrute des candidat·e·s capables d'enseigner toutes les matières de l'école primaire.
À retenir : le diplôme conditionne l'accès au concours, pas votre niveau de préparation. Une licence « adaptée » ne dispense jamais de travailler les épreuves. Pour le détail des conditions d'inscription, voir notre article sur l'éligibilité au CRPE 2027.
Ce qui compte vraiment : français ET maths
Si aucune licence n'est requise, sur quoi se joue réellement la réussite ? Sur les deux disciplines de l'écrit d'admissibilité : le français et les mathématiques. Ce sont elles qui filtrent, et elles ne se compensent pas l'une l'autre : exceller en français ne rattrape pas un effondrement en maths, et inversement.
C'est là que le choix de licence prend son vrai sens. Il ne détermine pas votre droit à concourir, mais il façonne votre point de départ : la discipline dans laquelle vous serez déjà à l'aise, et celle qu'il faudra reconstruire. Or presque personne n'arrive équilibré sur les deux.
Le bon réflexe n'est donc pas de chercher « la meilleure licence », mais d'anticiper : quelle sera ma discipline faible, et comment vais-je la combler ? Pour comprendre ce que recouvrent ces épreuves, notre panorama des épreuves du CRPE détaille le format de l'écrit comme des oraux.
Panorama des profils
Chaque parcours arrive avec une force et un angle mort. En voici les grandes tendances — à nuancer selon votre propre trajectoire.
| Licence d'origine | Souvent à l'aise | À travailler en priorité |
|---|---|---|
| Lettres, langues, philo, sciences humaines | Français, rédaction, analyse de texte | Mathématiques, raisonnement chiffré |
| Maths, physique, informatique, sciences | Mathématiques, logique, rigueur | Français, grammaire, orthographe |
| STAPS | Polyvalence, aisance à l'oral | Les deux écrits selon le parcours |
| Droit, éco-gestion, sciences politiques | Argumentation, rédaction structurée | Mathématiques scolaires |
| Psychologie, sciences de l'éducation | Regard sur l'apprentissage | Souvent les maths |
Profils « littéraires »
Issu·e d'une licence de lettres, de langues ou de sciences humaines, vous abordez le français avec un net avantage : lecture, analyse, rédaction sont des réflexes acquis. Le point de vigilance est presque toujours le même : les mathématiques, parfois laissées de côté depuis le lycée. C'est là qu'il faut réinvestir tôt.
Profils « scientifiques »
Venu·e d'une licence de maths, de physique ou d'informatique, vous tenez la rigueur et le raisonnement mathématique. Mais l'écrit de français du CRPE ne se résume pas à « bien écrire » : il mobilise la grammaire, l'orthographe, la terminologie et une dimension didactique qui se travaillent spécifiquement.
Profils polyvalents et autres parcours
STAPS, droit, éco-gestion, psychologie… ces licences ne préparent pas directement aux deux disciplines, mais elles apportent d'autres atouts : aisance à l'oral, argumentation, culture de l'apprentissage. Le travail à mener dépend alors de votre bagage personnel bien plus que de l'intitulé du diplôme — d'où l'intérêt d'un diagnostic honnête en français comme en maths.
Les parcours pensés pour l'enseignement
À côté des licences classiques, certains parcours sont conçus dès le départ pour les futur·e·s professeur·e·s des écoles :
- Le Parcours préparatoire au professorat des écoles (PPPE), une formation pluridisciplinaire qui articule enseignement à l'université et immersion en école primaire.
- Des licences pluridisciplinaires ou orientées « sciences de l'éducation », qui couvrent un spectre large de matières plutôt qu'une seule spécialité.
Ces parcours ont l'avantage d'entretenir en parallèle plusieurs disciplines et de familiariser tôt avec le métier. Ils ne sont pas pour autant une garantie : la préparation ciblée aux épreuves reste indispensable, et leurs modalités (accès, contenu, débouchés) varient.
À vérifier pour votre session : l'existence, les places et les modalités de ces parcours dépendent des académies et des universités. Renseignez-vous sur devenirenseignant.gouv.fr et auprès des établissements concernés.
Comment choisir, concrètement
Trois principes tiennent la route quel que soit votre cas :
- Choisissez une licence qui vous motive. Vous y passerez trois ans ; un diplôme qui vous intéresse, c'est un dossier solide et une meilleure moyenne. Ne sacrifiez pas votre goût à une fausse « licence stratégique ».
- Identifiez tôt votre discipline faible. Français ou maths : vous savez généralement laquelle vous met mal à l'aise. C'est elle qui décidera de votre admissibilité.
- Comblez-la sans attendre l'année du concours. Un peu de travail régulier pendant la licence vaut infiniment mieux qu'un rattrapage en catastrophe la dernière année.
Le message central : le choix de licence est secondaire par rapport à ce que vous en faites. Une licence de lettres avec des maths reprises dès la L1, ou une licence de maths avec un français consolidé en continu, valent bien mieux qu'un parcours « parfait » resté théorique.
Combler sa discipline faible, dès la licence
C'est précisément là que Concoursia intervient — non pas pour remplacer votre licence, mais pour travailler en parallèle la discipline qui vous manque, sans attendre l'année du concours.
Le principe est simple : plutôt que de réviser des programmes entiers, vous progressez notion par notion grâce à l'entraînement rapide, et une révision adaptative ramène automatiquement au bon moment ce que vous maîtrisez mal. Un·e littéraire consolide ainsi la proportionnalité ou les fractions ; un·e scientifique reprend les accords ou la terminologie grammaticale — chacun sur son angle mort.
Le tout s'appuie sur des ressources fidèles à l'épreuve : annales, sujets blancs avec correction de copie, et simulation d'oral pour la suite du parcours. Commencer dès la L1 ou la L2, à petite dose, permet d'arriver à l'année du concours sans discipline faible — l'écart qui se creuse le plus difficilement en quelques mois.
Pour voir comment tout cela s'articule, découvrez la méthode Concoursia et ses fonctionnalités.
Ce qu'il faut retenir
- Aucune licence n'est obligatoire : la réforme ouvre le CRPE dès le bac+3, dans n'importe quelle discipline.
- Ce qui décide de l'admissibilité, c'est la maîtrise du français ET des maths — les deux ne se compensent pas.
- Chaque profil arrive avec une force et un angle mort : littéraires à travailler les maths, scientifiques à consolider le français.
- Les parcours dédiés (PPPE, licences pluridisciplinaires) existent, mais ne dispensent pas d'une préparation ciblée.
- Choisissez une licence qui vous motive, repérez tôt votre discipline faible et comblez-la sans attendre l'année du concours.